Nouvelle

précisions : cette nouvelle n'a pas de titre T_T

Chapitre 1

C'est lorsque j'écoute les violons danser sur " The krikard brothers " que je me dis que je suis foutue ; j'aurais mieux fait de commencer à quatre ans, comme Mozart. Et mon pupitre me regarde, narquois, me montrant le concertino pour violon facile qui est là depuis une semaine. Classique je vous hais et je vous fuis. Je veux jouer de la musique, pas des notes. Allongée confortablement dans mon hamac, perchoir de ma chambre, j'écoute pour la trentième fois de la journée cette chanson. Je suis folle de jalousie, toujours, et cela grandit d'heure en heure, quand je vois Amélie Moulin jouer sur son violon de 1865. Je suis folle de jalousie contre Mozart, qui a su jouer du violon sans vraiment l'aimer, moi j'aime mon violon mais ce n'est jamais réciproque. Au bout de cinq ans, je n'arrive a sortir que des notes, à moitié justes avec l'archet tremblant. Et pourtant je veux, je veux réussir, je travaille, jour et nuit, mais non. Dieu a décidé que Marion n'arrivera jamais à jouer du violon de sa vie ; Et qu'Amélie Moulin y arrivera du premier coup. Est cela, la vie ? Du rebord de la fenêtre de ma chambre qui donne sur la grande rue, je contemple le temps qui fuit. Mon violon, sortit de son étuis sur mon lit me crie que je n'avais qu'a choisir la contrebasse. Mais non, j'aime le violon moi monsieur, et que vous m'aimiez ou pas je m'en contrefiche, vous finirez par m'apprécier tôt ou tard. Il y a encore un embouteillage, et le voisin d'en face, fait de l'ordinateur. Sa fenêtre est dans le même axe que la mienne. Je ne vois pratiquement jamais son visage. Je le vois lire le soir avec sa veilleuse, quand moi, j'essaye de dormir ou de finir mon étude de Pesse. Il se lève, et tourne la tête vers moi. Tout de suite, je regarde ailleurs. C'est un jeu entre nous. Depuis que je suis installé dans cet appartement avec ma mère, plus exactement trois mois et deux jours. Il est bientôt dix huit heures. Il fait presque nuit, mon cher voisin est toujours sur son ordinateur. Et je reste la à le contempler, béate devans son ignorance face à moi Pourquoi je n'en ferais pas aussi de l'ordinateur ? Tout simplement parce que je n'aime pas ça. Je cherche une occupation dans ma tête. Devoirs ? Déjà faits. Violon ? Y en à trop marre. Téléphone ? Plus de forfait. Vive l'ennui, et l'ignorance du voisin à mon égard. Finalement, je vais me faire un thé et allume l'ordinateur noir Macintosh de ma mère, qui travaille dans une agence de Pub. j'ai 58 nouveaux messages. Un seul retint mon attention et j'efface les autres. Je clique et reclique pour arriver à une page où quelques mots sont écrits:

" Est ce la vie ? Le regard derrière la vitre, Un violon qui refuse de jouer. "

Je ne comprends pas qui à eu l'idée de m'envoyer ce poème de trois phrases, peut être ridicule mais qui me touche en plein cœur. J'enregistre le message. Qui aurait bien pu écrire ça ? Un admirateur ? Ne rêvons pas. Un homme....Oui c'est un homme qui à écrit ça. Je regarde autour de moi, dans la pièce, comme si mon chat assis sur le divan allait me dire que c'était Amorri. Amorri...Amour...Ca se ressemble tellement. Magnifique garçon qui ne m'a jamais regardé et qui ne daignera jamais m'accorder un sourire. Voila pour les fantasmes. Nous nous éloignons, qui à pu 'écrire ça ? Qui pourrait me voir le nez collé à la fenêtre, ou quand je m'entraîne. Pas une personne que je ne connais pas, sinon, comment aurait t'elle pu avoir mon adresse ? Je soupire de désespoir et éteins l'ordinateur, je vais allée faire un tour dehors. Je range mon violon. Pas d'excuse pour ne pas jouer monsieur, je prends tellement soin de vous que jamais je ne vous emmènerais chez le luthier. Je me regarde vite dans la glace ; Je n'ai l'air de rien avec cette allure de bohémienne, ce pantalon en velours marron et ce long pull orange. J'attrape mon sac en plastique à fleur kawai et je sors de cette grande barre de brique. Il y a tellement de monde dans les rues que je ne sais plus où je vais. Une petite idée me sudmergea tout d'un coup : Serait il possible que l'on m'aime, moi, la hippie et son violon, cette fille si grande qui ne parle jamais, cette amoureuse de la musique qui n'aime que les hommes à quatre cordes vocales ? Serait il possible que quelqu'un ait des sentiments sincères à mon égard. Une joie qui vient de mon cœur me donne envie d'hurler dans la rue. je me retiens car un bébé est déjà en train de le faire. Cette question me tourmente tout le long de ma ballade dans les feuilles du Park. J'arrive au boulevard Sébaspolole. J'aimerais aller à Montmartre mais c'est trop loin, il fera bientôt complètement nuit. j'aime tellement me balader à Montmartre. tant de choses s'y passent. Je me regarde dans toutes les vitrines qui peuvent me renvoyer un reflet. Serait-il réellement possible que quelqu'un m'aime ? Et je rêve. Ce n'est sûrement qu'un violeur qui cherche à m'attirer dans un piège. Mais cela pourrait être quelqu'un, qui m'aime.

Chapitre 2

Le lendemain je regarde un par un tout les mecs du lycée. je veux savoir. Même si je sais que je ne saurais pas. C'est ça le jeu, chercher quelque chose quand on à envie que la réponse soit cette chose dont on a temps rêvé, ça mène toujours nul part. les cours passent lentement, sous ma table en bois usé, je répète l'emplacement de mes doigts sur mon cher violon épuisé par les sons stridents. Mme Hélian parle, discute, piaille, cri, mais je n'entends plus les sons, je ne vois que ses lèvres qui bougent et l'expression de son visage. Je ne pense qu'à ce mail anonyme. Jill, ma chère amie ne fait que me décevoir au fur et à mesure des jours ne veut pas me croire. c'est évident. Qu'est ce que c'est classe d'avoir une pauvre amie qui n'est aimée de personne quand on a tout les hommes de la terre à ses pieds. Elle ne voudrait SURTOUT pas que cela change, alors elle essait de me convaincre que ce n'est qu'une blague. Peut être qu'au fond, elle n'aimerait vraiment pas que ça m'arrive car on ne lui à jamais écrit un poème, on ne la jamais regardé de sa fenêtre, elle ne sait rein faire à part jacasser et éclater de rire dès qu'on lui met la main au cul. c'est une petasse, mais parfois, elle me fait pitié alors je reste avec elle. je ne sais pas la quelle à le plus pitié de l'autre. Traîner avec une Hippie lui donne sûrement l'air classe, ou simplement montre un esprit de charité. Quand je m'assois à côté d'elle avec mon plateau vide, elle soupire : - Tu n'as toujours pas décidé de manger au self comme tout le monde. Je ne réponds rien et sors une barre chocolatée de mon sac et une boite isotherme. Je me suis jurée de ne manger que ce que je prépare. c'est une des rares promesses que j'ai tenue. Je grignote le pain et le riz froid mélangé avec la sauce de l'émincé de poulet que j'ai fait hier soir. je vais réchauffer le plat, et chantonne JOHN HAWKINS. Je ne remarque pas qu'Amorri se tient juste à côté de moi. Il me regarde bizarrement et moi je crois fondre sur la moquette bleue du self. Il part et ne se retourne pas. L'envie de pleurer remonte en moi mais je ne bouge pas. Je prends ma boite en plastique et je m'assois toute penaude près de Jill qui avale des frites OGM avec du steak peut être chante ****** et le tout sou poudré d'huile frelatée espagnole. - Je fête mon anniv' Samedi, tu viens ? Je hausse la tête. Après tout, trois ans que je supporte ces soirées débiles, pourquoi pas une quatrième fois ? - ça commence à 20hoo, tu peux dormir chez moi si tu veux. - Okay, approuvais-je. Quand je sors du lycée, je n'ai qu'une envie, boire un thé bien chaud et allumer l'ordinateur. Je me précipite à pas pressés vers mon immeuble. L'Appartement est silencieux comme un cimetière, drôle de comparaison, mais cela me fait penser à ça. ma mère n'est pas encore rentrée. Tant mieux, on se passera très bien d'elle. Ce n'est pas elle qui m'a inscrite au violon ni celle qui m'a aidé. Alors on s'en passe. Je mets un CD, pas de Mozart. Ce n'est pas que je déteste ce qu'il a fait, c'est que je ne supporte pas d'entendre les opéras de quelqu'un qui n'a eu aucun mal à les écrire. Je commence comprendre Salièri. Je mets le CD d'un groupe folko que mon père m'a ramené de voyage. Je me fais un café parce qu'il n'y a plus de thé et j'allume enfin l'ordinateur. Mon cœur bascule. pas de nouveaux messages. me serais je fait avoir ? Jill aurait t'elle eu raison ? Je regarde _tout en faisant mon violon _mes messages toutes les cinq minutes. je regarde à ma fenêtre, en espèrent voir quelqu'un, mais personne. le vide, le néant du néant. Je repense à Crescendo de Dino Buzzati, la porte et la boite e-mail, c'est pareil. Vais je aussi, comme Mlle Annie Molteri mourir seule dans un appartement, en attendant qu'une main se tende à moi ? Mon violon va bientôt demander le divorce si je continus à le martyriser comme ça. Moi même je le sens. Mais ma volonté prend toujours le dessus, alors je continu acharnement mon étude, et très profond dans mon cœur, je me vois en train de jouer THE CKRIKARDS BROTHERS dans un groupe celte qui ferait tout les ports de Bretagne. J'en suis loin. j'ai du retard, je le sais, je suis nulle et je me sens nulle. Mais la différence est là, J'aime ça. A huit heure ma chère mère inutile rentre du travail, des paquets de vêtements pleins les bras. Elle me donne toutes les semaines des vêtements qu'on lui donne car elle est aussi styliste pour les pub de Lacoste et autres trucs chics qui ne m'intéressent guère. - Bonjour ma chérie, me souffle t'elle à l'oreille, les joues roses et le sourire aux lèvres. Ma mère est une éternelle enfant. Elle aime vivre au jour le jour. C'est sûrement qu'elle est tombée folle amoureuse de mon père et par la suite que je suis arrivé. Je sais qu'elle ne veut que mon bonheur et je suis très dure avec elle, souvent malgré moi. Elle ne comprends pas que je ne suis pas comme elle. Des vacances, pour moi c'est rester dans mon hamac à lire Pagnol en écoutant de la musique. Elle c'est tout autre chose ; elle partirait escalader l'Everest ou le mont blanc si je n'étais pas aussi flemmarde que je le suis. Peut être qu'elle aurait aimer avoir une enfant énergique, toujours en pleine forme et qui ne réfléchis pas une demis heure sur le moindre détail et qui prévoit tout un mois à l'avance, tout le contraire de moi. Mon père est partit au Sri Lanka. Il est médecin sans frontières et je ne le vois qu'une fois tous les trois mois. Nous dînons dans l'éternel silence que j'aime autant qu'elle le haï. Je lui parle rapidement de la petite soirée de Jill. Aucun problème me dit elle en finissant avec appétit l'assiette de crevettes. Je savais qu'elle dirait oui, de toute façon, ma mère ne veut qu'une chose : Que je sorte avec des amies, que je me bouge, que je demande à aller en boite, sauf que je ne veux rien de tout ça ; je vis dans ma bulle avec mon violon, ma fenêtre, mes livres et mon hamac. J'ai bientôt dix sept ans et je n'ais pas embrassé quelqu'un depuis la maternelle, ça dérange quelqu'un ? Non, et bien tant mieux. Et si c'est oui, et bien tanpis. Je m'enferme dans ma chambre, pour quelques minutes plus tard, aller vérifier mes messages. Un ! il y en a un ! Je me précipite tellement vite sur la chaise que j'ai failli casser la lampe. Il n'y a pas de destinataire. Je clique et reclique pour retomber sur une page similaire, mais avec des mots différents:

Est ce la vie ? Rêver de quelqu'un qu'on ne peut aimer, Vivre d'une chose qui ne vous aime pas ?

Je déglutis lentement ma salive. J'étais presque en colère ; Comment cet inconnu pouvait t'il savoir tout ça ? ce fantôme voulait il me faire souffrir ou tout simplement me faire comprendre que la vie n'était pas ce que je croyais ? Je ne dis même pas bonne nuit à ma mère allongée sur le sofa, ni à mon chat Balzac à qui j'avais refusé des caresses. Je me sentais perdu, comme un enfant égaré, terrifiée, peut être autant que le pêcheur de "sur l'eau". Je me précipitai à ma fenêtre, triste et désemparé, en colère contre le monde entier, contre ce dieu qui m'avait donné des doigts qui sonnaient faux sur un violon et un cœur capable d'aimer un homme que je n'aimais pas. J'aimais son apparence, pas sa façon de penser, même si je ne la connaissais pas. Je n'avais même pas envie de le rencontrer où même de lui parler. Et en plus ! Que diable, pourquoi un homme jouait-il aux alexandrins avec moi ? Mon voisin muet d'en face lisait encore, il me jeta un coup d'œil et je tournai la tête, ne brisant pas ce jeu qui nous amusait tant. Je m'endormis très tard, cette nuit là, morte de fatigue mais ivre de réponses.

Chapitre 3

Aujourd'hui grand jour ; Je vais à mon cour de violon. Nous sommes Jeudi, j'entre dans ce couloir sombre qui va me mener dans une salle morbide, habillée de papier peint mauve arraché, et munie d'une chaise et d'un pupitre. Je hais cet endroit. Et je n'aime pas mon professeur. Il ne comprend pas. Je ne veux pas être douée ni professionnelles, je veux jouer. Mais ça il ne comprend pas. La demi heure passe aussi lentement que possible et quand je sors de mon cours, j'ai envie de pleurer. Sur le chemin du retour j'achète le cadeau de Jill. Je lui est prit du parfum. C'est le seul truc où je suis certaine que ça va lui plaire. La soirée avance à grands pas. Ma mère rentre, j'attends toujours mon message, morte d'impatience. je réussis à finalement trouver l'adresse de l'expéditeur des deux précédents messages. by : Edalpoe@freebaz.com from : mobydick@freebaz.com Cela ne m'avance absolument à rien. Je ne connais absolument pas de : edalpoe@freebaz.com. Quelle adresse bizarre. remarque que la mienne est pas mal non plus. Cependant, ce nom me dit quelque chose, mais je ne cherche pas, je sais que je ne trouverez pas. Je fais les cents pas dans la pièce, priant de recevoir un nouveau message ce soir. A neuf heure, enfin, je reçois un message. Je manques une fois de plus de renverser la lampe. je clique et re clique à grande vitesse pour lire avidement le petit poème : Est ce la vie ? regarder le temps passer, jouer des notes sans musique ? Cette fois j'essaye de me calmer et je m'enferme à clefs dans ma chambre. Je surprends le voisin qui me regarde. Il tourne le regard, et retombe dans son livre. Moi dans mes rêves impossibles. Monsieur, Je vous accuse, comme Zola la fait de me torturer jusqu'aux ventricules de mon pauvre cœur ! Je prépare ma tenue de demain tant bien que mal, pantalon noir velours, haut près du corps rose avec un joli dessin kawai. Je choisi un autre sac noir en tissus. Ca sera parfait. Le lendemain, le monde ne parle que de l'immense giga super cool fête que va organiser Jill pour ses dix sept ans. Et dire que moi c'est le mois prochain ! La maison de notre hôte est remplie de monde, de fumée, d'une odeur qui me donne envie de vomir ce que j'ai mangé ce midi. Jill est là, elle pose ses cadeaux sur une table dont on ne voit que les pieds. Un dj met du rap. Je n'ose pas lui demander de mettre du jazz ou du folko. remarque que j'aime beaucoup les valses aussi... Amorri est là, plus séduisant que d'habitude, un pot de gel sur la tête, le regard enjôleur. je ne l'aime pas. Je me répète ça toute la première demis heure. Il ne me regarde pas, ne me regardera jamais. Un ami à lui se tient toujours à côté de lui. Ils ont l'air très ami, mais lui, semble s'ennuyer. A première vue je le trouve moche, mais en m'approchant un peu, ses yeux sont magnifiques, et sa bouche me fait savoir qu'elle aime embrasser. Ses cheveux en pic et sa chemise tee-shirt noire lui vont à ravi. Je le regarde si longtemps que j'en oublie quelques secondes " Edalpoe ". Il voit que je le contemple, alors, il me contemple aussi. Puis il est attiré par Amorri vers la piste de danse. Je me sens si stupide, seule dans mes vêtements minables. je suis une looseuse, parce que j'aime pas les baggy et que j'aime le violon -qui lui ne m'aime pas - Il est onze heures et je ne me suis jamais autant ennuyé. Le garçon me regarde par moment. Il me dit vaguement quelque chose; Je suis sûre de le connaître. Je m'approche d'eux, ils ne me voient pas, je suis dans leurs dos. Jill fait son petit discourt annuel et j'en entend Amorri murmurer :

- Alors t'as une fille pour ce soir ?

- Oui, tu sais la hippie, avec son tee-shirt rose....

Mon cœur fait un bond dans mon corps, et j'ai envie de sauter.

- Franchement laisse béton, elle est complètement débile, y a que Jill qui arrive à la supporter !

Le garçon ne répond rien, mais ils rigolent tout les deux, et moi, je vais mourrir, dans mon cercueil qui m'attend ; Je n'ais plus rien à perdre. Je m'avança vers Amorri, il se retourne, son verre vide à la main et je le frappe ; Je fais passer toute ma colère dans cette main qui va atterrir sur sa joue. Mes yeux s'emplissent de larme. Le monde rigole autours de nous, mais son ami ne rigole pas, il montre un visage terrifié, je ne comprends même pas pourquoi. Je cours vers la porte avant que quelqu'un ai le temps de comprendre quelque chose ; Je suis pleine de colère et je cours dans la nuit à l'aveuglette dans les rues sombres. J'entends au loin la voix de Jill qui crie mon nom. Je ne sais même plus mon nom...Je me sens plus que nulle, plus qu'une looseuse que à tout raté à seize ans trois quart ; Une pauvre looseuse qu'a tout raté parce qu'elle était pas capable d'appuyer quatre doigts sur quatre malheureuse cordes, Une conne qui est pas foutu de vivre normalement, d'aimer et d'avoir des amies comme tout le monde, une débile qu'est pas fichu d'aimer de la musique normale ! Je suis une looseuse, une perdante qu'a vraiment tout perdu. Je rentre en pleur chez moi, ma mère dort et ne m'entend pas. j'allume l'ordinateur, et tremble de tout mes membres encore en marche.

est ce la vie ? se priver d'aimer et de regarder, ne penser qu'aux autre et pas à soit ?

cette fois j'aurais réellement voulu casser cette lampe spectatrice et en même temps en mettre une à cet homme qui jouait avec moi. J'entends un bruit qui vient de l'escalier, je descends, par simple curiosité et aperçoit au loin mon cher voisin qui ouvre la porte de l'immeuble en face de la rue, une lettre et le journal à la main. Je ne lui cours pas après comme dans les films pour l'embrasser, mais je le regarde quand même partir. Mon seul ami de fenêtre me fuit. Je regarde mon annonce sur le tableau d'affichage de l'immeuble. Mon annonce n'a pas eu grand succès. je l'arrache et la lis une dernière fois avant de la mettre a la poubelle.

'jeune fille recherche petit boulot ou baby sitting pour un peu d'argent de poche. Veuillez me prévenir au 06-76-78-87-54, au 4b ou me contacter : mobydick@freebaz.com'

Je monte trois marches d'escalier avant de comprendre. C'est comme ça que cet affreu inconnu tortionnaire de pensé s'est procuré mon adresse. Je passe en revue tous les garçons de l'immeuble. Aucuns n'est moche ni intelligents, donc je ne trouverais pas le bourreau d'âme ce soir. Je remonte dans ma chambre, toute penaude et m'endors dans mon hamac dans le noir complet.

Chapitre 4

Ce Samedi matin, je suis d'une humeur massacrante, ma mère au boulot et moi je joue au pipeau sur mon lit. je n'ouvre pas l'étui de mon violon, je vais lui faire la gueule moi aussi, il sentira ce que ça fait, comme c'est agréable. Non monsieur, aujourd'hui je ne ferais rien, continuez à me lorgner comme vous le faites, je ne bougerais pas de mon lit. Bien installée sur le lit avec mon amant, j'effaçais douloureusement ce que j'avais entendus la veille. Mon voisin était sur son ordinateur, de dos, un tee-shirt rouge bordeaux. J'avais envie de courir sonner à sa porte et tout lui raconter. Peut être même qu'il ignorait complètement qu'on jouait tout les deux à ce jeu. l'hypothèse était possible. mais j'essayais de continuer à croire qu'il était intelligent et qu'il connaissait les règles. Mon ordinateur est allumé, et je l'ais programmé pour qu'il me prévienne au moindre message. j'en est effacé déjà trois de Jill. Et elle a tentait de m'appeler trois fois. peut être qu'elle tient à moi, ou c'est peut être pour que je lui rendre son CD de Sv. Je pars faire un tours, et quand je reviens, pas de messages, mais encore mieux, un livre. Enveloppé dans du papier kraft, comme dans les films. je le prend et le regarde, sceptique. " Les nouvelles extraordinaires d'Edgar.A.Poe. Le livre est vieux et usé, comme je les aime. Il avait été emprunté à une vielle bibliothèque, près d'ici. Un petit morceau de carton est planté à la page 99. " Il y a des secrets qui ne veulent pas être dits. Des hommes meurent la nuit dans leur lit, tordant les mains des spectres qui les confessent, et les regardant pitoyablement dans les yeux. Des homme meurent avec le désespoir dans le cœur et des convulsions dans le gosier à cause de l'horreur des secrets qui ne veulent pas être révèles. " Des mots incroyables à mes yeux était marqué d'une écriture brouillon, au crayon noir. ce mot si incroyable, plus incroyable que les pyramides, plus beau que les poèmes de Rimbaud : "je t'aime, ce n'est plus un secret." je crus tomber dans les pommes et tout de suite après, j'enfilai mon manteau et courrais vers la bibliothèque. Il pleuvait en trombe dans la rue, et plus je me sentais mouillée plus je courais, sans m'arrêter. Les gens me regardait. cela vous gêne ? non tant mieux, oui, tan pis. Je poussais avec difficulté la porte d'entrée et le carillon sonna. Un vieil homme qui était attablé au comptoir se retourna. Le visage enfantin et les joues creuses, des lunettes demi lune. - Bonjour jeune fille, que désirez vous ? - Bon...Bonjour dis je avec difficulté, j'étais à bout de souffle. je m'avançai au comptoir et posai le livre. - Je vous rend ce livre, mais je ne me rappelle plus si c'est mon cousin qui l'a prit ou mon père, pouvez vous me dire le nom s'il vous plaît ? L'homme approuva et ouvrit un tiroir et chercha trois minutes qui me parurent interminables. - Mr Allan Hermann, il est au 4b de la rue... - Oui je sais, c'est cousin, merci beaucoup monsieur, au revoir. Je n'attendis pas de réponse et marchai précipitamment vers l'immeuble. je ne réfléchissais plus, ou pas. Il était là sous mon nez et je ne l'avais pas vu, je n'avais pas tilté, réfléchis, pensé une seconde que cela pouvait être cet homme que je regardais depuis trois mois et six jours ! Cet homme qui avait mieux que comprit ce jeu et qui m'avait plus que battu. Je montais les escaliers, puis quelques pas avant la porte, je réfléchis un tout petit peu...Qu'allais je faire une fois en face de lui ? Ma volonté prit le dessus encore une fois et je sonnai au 4b, les mains moites et tremblantes. La porte s'ouvrit, lentement, et l'homme, que j'observais de puis trois mois et six jours était là ; L'homme que j'avais regardé toute la soirée était planté devant moi ; L'homme ayant l'adresse : edalpoe@freebaz.com me regardait de ses yeux magnifiques et de son cœur qui devait battre autant que je tremblais. je fis un pas. Le premier pas il l'avait fait ; c'était à moi de faire le second. Je collai ma poitrine sur son tee-shirt bordeaux et toucha ses lèvres des miennes. J'avais encore envie de réfléchir, de comprendre le pourquoi du comment, mais cette fois c'est lui qui me prit dans ces bras et m'ordonna du regard de me taire et de ne pas penser à autre chose. " les yeux sont la fenêtre du cœur " avait dit Shakespeare, rien n'était plus vrai à présent pour moi. Je ne tremblais pu et j'avais envie de rester comme ça toute la soirée. c'était ça aimer ? ce délicieux sentiment qui partait du cœur et qui me rendait heureuse ? J'avais enfin compris... Il m'entraîna dans l'appartement vide et silencieux. Il avait plus de dix huit ans, une magnifique photo de Rimbaud est accrochée au dessus d'un sofa, un chat ronronne endormit, et une centaine de livres est rangée dans une bibliothèque. Je n'ais pas le temps d'observer plus le détails dans la pièce, j'entrais dans un monde ou le geste et la pensée ne font plus qu'un, un monde où l'on fiche des autres, où le violon joue merveilleusement bien, ou j'arriverais un jour à jouer THE CKRIKARD BROTHER sur un port de Bretagne, je n'aimerais plus Amorri, je l'aimerais lui, je ne regarderais plus mes jeunes années défiler, je passerais le temps avec lui, lui qui m'aime.

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